Bioclimatique, passives, basse consommation... Dans le dédale des nouveaux concepts d'habitations

Newsletter : août 2007

Maison passive, basse consommation, bioclimatique… On aurait tendance à s'y perdre. Or, si tous ces concepts constructifs ont en commun de proposer des solutions en vue d'économiser l'énergie, certains y ajoutent une dimension résolument écologique.
 

Le concept de maison passive a été élaboré, ou à tout le moins formalisé, à la fin des années 80 par le professeur Bo Adamson (de l'université de Lund, en Suède) et le Dr. Wolfgang Feist, directeur de l'institut « Wohnen und Umwelt » de Darmstadt, en Allemagne, même si ce dernier est souvent seul crédité du titre « d'inventeur de la maison passive ».

Dans les grandes lignes, ce concept résulte de la stricte application de deux principes fondamentaux : l'emploi d'une isolation excessivement poussée (couplée à une ventilation mécanique avec récupération de chaleur) et l'installation d'une étanchéité à l'air la plus performante possible pour éviter les pertes de chaleur. Les maisons passives sont ainsi des bâtiments où règne une température intérieure confortable (20°C), été comme hiver, sans système conventionnel de chauffage ou de refroidissement et dont la consommation énergétique est quatre fois inférieure à celle d'une maison standard : une maison de ce type consomme environ 80% moins de chauffage qu'une maison neuve construite selon les normes allemandes d'isolation thermique de 1995. Elle utilise de manière optimale le chauffage passif assuré de l'extérieur par le rayonnement solaire thermique à travers les surfaces vitrées, et, de l'intérieur, par la chaleur dégagée par les habitants eux-mêmes.

Une différence de performances mais aussi de coût
 

La différence entre maison passive et « basse énergie » se situe au niveau de la consommation annuelle des maisons. Si les besoins en énergie finale d'une maison strictement passive n'excèdent pas 30 kWh/m² par an, ceux d'une maison basse consommation se situeraient plutôt entre 50 et 60 kWh/m² par an (une maison standard consommant entre 100 et 130 kWh/m² par an…). Une différence de performance mais aussi de coût. De fait, plus on tente de diminuer la consommation d'énergie et plus l'effort constructif, financier et technique devient important. Une maison basse consommation - comportant un système de ventilation contrôlé, un double vitrage normal avec couche de gaz intégrée et des châssis de fenêtre à double joint - engendre un surcoût d'environ 15% par rapport à une maison neuve bien construite, alors que pour une maison passive - qui nécessite un triple vitrage, une isolation des murs qui passe de 15 à 30 cm et des techniques de construction plus complexes et donc plus onéreuses - le surcoût atteint 25 à 30%.
 

Une démarche résolument écologique
 

Si le standard “maison passive” et le concept de « maison basse énergie » ciblent exclusivement l'efficience énergétique, l'architecture bio-climatique, elle, s'intéresse également à l'impact des matériaux employés sur l'environnement, partant du principe que, indépendamment de la question de l'énergie, les gens aspirent désormais à vivre dans un environnement sain. 

Dans ce cas, tous les matériaux utilisés sont garantis 100% naturels et contribuent à assainir l'atmosphère d'une habitation en éliminant poussières et autres émanations toxiques dues aux colles et aux solvants habituellement présents dans les matériaux de constructions traditionnels. L'efficience énergétique n'est pas occultée pour autant, mais dans ce cas il n'est plus seulement question d'épaisseur d'isolant et d'étanchéité à l'air car bien d'autres éléments entrent en ligne de compte : l'implantation et l'orientation du bâtiment, son architecture, la distribution intérieure, le choix des matériaux, leur disposition respective, leur couleur...