La norme ERP

Eco-conception et norme ERP : chaudière Viessmann

30/09/2015

ÉCOCONCEPTION ET ÉTIQUETAGE DES ERP LE POINT SUR LA QUESTION

Nous en parlions dans une information digitale envoyée à la rentrée, deux directives européennes sont passées à la vitesse supérieure. Depuis 2013, elles concernaient les appareils de climatisation et les pompes externes. Un nouveau cap a été franchi le 26 septembre. Certains équipements de chauffage et de production d'eau chaude sont maintenant concernés en attendant qu'en 2016, ce soit le tour des appareils de ventilation et des appareils de chauffage à combustible solide.

L'ÉCOCONCEPTION DES PRODUITS CONSOMMATEURS D'ÉNERGIE

Issue d'une directive européenne, l'écoconception des ErP tend à créer des produits respectueux des ressources énergétiques disponibles et à limiter les émissions polluantes et acoustiques

Depuis septembre, cette directive s'applique également aux produits liés au chauffage dont la puissance est inférieure à 400kW ainsi qu'aux préparateurs d'eau chaude et aux ballons de stockage d'une capacité inférieure à 2.000 litres

Le principe de cette directive consiste à ne plus commercialiser de produits dont le rendement en énergie primaire (= en énergie extraite à la planète) est inférieur au minimum imposé par la norme. Ces produits n'auront plus leur label CE nécessaire à leur mise sur le marché.

CE QUI A CHANGÉ DEPUIS LE 26 SEPTEMBRE 2015 LES PRODUITS RELATIFS AU CHAUFFAGE :

  • D'une puissance de 0 à 70kW présentant un rendement saisonnier inférieur à 86 % ne peuvent plus être posés. 
  • D'une puissance de 71 à 400kW présentant un rendement utile à 100 % de charge supérieur à 86 % et un rendement utile à 30 % de charge inférieur à 94 % ne peuvent plus être posés.


L'Europe interdit donc les chaudières qui ne répondent pas aux critères ci dessus, à l'exception de celles qui seront placées en rénovation dans des logements collectifs équipés d'une installation gaz d'un rendement saisonnier en énergie primaire de 75 % minimum et raccordée à des conduits de cheminée classiques.

À partir de 2018, des exigences plus contraignantes entreront en vigueur sur d'autres indices que le rendement. Il s'agit notamment des émissions de gaz NoX (responsable de la problématique liée à l'effet de serre) et du niveau sonore émis

Pour les préparateurs destinés à l'eau chaude sanitaire, les exigences à respecter dépendent des profils de puisage. Ces derniers varient entre 3XS à 4XL. Pour information, les habitations répondent aux profils de S à L.

Pour les ballons de stockage sans production, seuls les produits de labels supérieurs ou égaux à C peuvent encore être posés. Le calcul du label dépend de la puissance de déperditions du ballon. Ces déperditions sont fonction du volume du ballon et de son isolant. Prenons deux exemples : pour un ballon de 160L, les pertes doivent être inférieures à 80W. Pour un ballon de 300L à 98W.

L'ÉTIQUETAGE SELON LA DIRECTIVE ELD (ENERGY LABELLING DIRECTIVE)

La seconde directive (2010/30/EU) a pour but de mettre en évidence les données d'écoconception de chaque produit ou assemblage de produits dits ErP, par l'affichage d'une étiquette.

Comme indiqué ci-dessus et à l'image des procédures PEB, le label affiché sur l'étiquette est exprimé en énergie primaire. Il dépendra donc d'hypothèses de calculs et de coefficients de conversion définis au niveau européen. Aujourd'hui, pour 1kWh électrique lu à votre compteur, l'Europe estime qu'il a fallu extraire l'équivalent de 2,5 kWh à la planète.

COEFFICIENT DE CONVERSION UTILISÉ ACTUELLEMENT

L'étiquette « produit », fournie par le fabricant, met en évidence le label obtenu (la classe d'efficacité énergétique) pour un produit isolé. Les appareils exposés en show-room ou lors de salons doivent être labellisés et accompagnés d'une note de calcul. Les offres et les documentations techniques doivent également présenter le label obtenu. D'autres informations spécifiques à chaque type de produit peuvent y figurer : le niveau sonore, le volume de stockage, la puissance nominale… Ces informations sont, à ce jour, non contraignantes.

Une étiquette système, à établir par l'installateur, doit être établie lors du couplage d'un produit à un système de régulation ou à des capteurs solaires. Le label du produit de base pourrait ainsi être amélioré. 

Cette seconde directive ELD, s'applique depuis septembre à deux lots de produits : 

  1. Les générateurs de chaleur indépendants d'une puissance maximale de 70kW : les cogénérations, les pompes à chaleur et les chaudières, que ces dernières soient murales, au sol, au gaz, au mazout ou à l'électricité. 
  2. Les préparateurs d'eau chaude sanitaire et les ballons de stockage d'une capacité maximale de 500 litres. 

NE CONFONDEZ PLUS !

ECODESIGN
Nom d'une directive européenne du 21 octobre 2009 (Ecodesign-2009/125/CE) établissant un cadre pour la fixation d'exigences en matière d'écoconception applicables aux produits liés à l'énergie. 

ELD
(Energy Labelling Directive) Abréviation d'une directive européenne du 19 mai 2010 concernant l'indication, par voie d'étiquetage et d'informations uniformes relatives aux produits liés à l'énergie. 

ERP
(Energy Related Product ) Abréviation anglaise de « produits liés à l'énergie » dont font partie les appareils de chauffage, préparateur d'eau chaude et ballon de stockage pour lesquels les deux directives Ecodesign et ELD sont entrées en vigueur en septembre.

UN RENDEMENT ERP DIFFÉRENT DU RENDEMENT PEB

En règle générale et selon les calculs PEB, le rendement global d'un système de chauffage ou de production d'eau chaude sanitaire se calcule en multipliant différents rendements

Pour obtenir le rendement global d'une installation de chauffage, il vous faudra multiplier les rendements relatifs à la production saisonnière, aux stockages éventuels, à la distribution, à la régulation et à l'émission de la chaleur.

Le label produit indiqué sur l'étiquette ELD ne tient compte que du rendement de production saisonnier calculé selon la Directive.

Le label système tient compte du même rendement de production et des éventuelles améliorations adjointes : régulation, panneaux solaires…

Les rendements d'émission et de distribution, liés à votre bâtiment ne sont pas pris en compte dans l'étiquette ELD. Il s'agit donc d'un label de l'appareil en conditions tests.

De manière similaire, pour l'eau chaude sanitaire, le rendement global PEB d'une installation sera fonction de la production, de la distribution, de la régulation, des fréquences de puisage et des pertes de stockage.

Le label produit indiqué sur l'étiquette ErP ne tiendra compte que des pertes du ballon.

DES SYSTÈMES COMPARABLES À TRAVERS L'EUROPE ?

Si le but de ces directives est d'informer les consommateurs, elles ne résolvent pas tout. Elles permettent uniquement de comparer les appareils utilisant une même énergie suite à l'utilisation des coefficients de conversion en énergie primaire. Inutile donc d'essayer de comparer l'étiquette d'une chaudière avec celle d'une pompe à chaleur.

ET LE CHAUFFAGE AU BOIS DANS TOUT CELA ?

Cette année, les chaudières ou les poêles, à pellets ou au bois, ne sont pas encore concernés par cette réglementation. Il faudra attendre 2016 pour que ces deux directives leur soient applicables. Leur label dépendra du coefficient de conversion en énergie primaire qui sera défini par l'Europe.

UNE LABELLISATION DES ERP QUI NE REMPLACE PAS LES CONSEILS DES EXPERTS

En conclusion, la présence d'une étiquette ne doit toutefois pas faire perdre sa vigilance au consommateur. Les labels définis sont basés sur un calcul dans des conditions d'utilisation bien spécifiques qui ne correspondent pas spécialement à celles à votre installation. Ainsi, une chaudière à condensation gaz pourrait constituer le meilleur choix en fonction de vos émetteurs de chaleur, alors qu'une pompe à chaleur afficherait un meilleur label énergétique…

Les labels ne remplaceront donc pas les conseils avisés que vous donneront les auditeurs énergétiques, les responsables PEB, les installateurs ou les conseillers en chauffage. Ceux-ci analyseront en détail votre projet, en fonction de vos besoins en énergie et de vos habitudes de vie, dans les limites de votre budget et des Directives liées aux ErP.

Depuis septembre 2015, une avancée complémentaire aux exigences PEB a donc été effectuée. Elle risque de modifier le paysage du chauffage et de la production d'eau chaude sanitaire. Restez donc vigilants. Comme l'explique Bernard DISPAS chez VIESSMANN « Au travers de ses Directives, l'Europe vise plus de transparence pour le consommateur. Celui-ci devrait toutefois garder à l'esprit que ce n'est pas parce qu'un produit est économe en CO2 en conditions de test, qu'il fera faire des économies une fois qu'il sera mis en place».